Aiki-wiki

Cet article a été initialement publié dans le premier numéro du magazine « Sanshinkai Letters ». Le magazine « Sanshinkai Letters » était édité par Eric Graf Sensei. Tous les numéros de « Sanshinkai Letters » sont disponibles sur le site web de Graf Sensei : https://graf-dojos.ch/, dans la rubrique « Téléchargements ». Nous publions cet article ici avec l’aimable autorisation d’Eric Graf Sensei.

Deux sentiments principaux m’ont poussés à lancer ce journal: le premier est cette motivation insatiable d’étudier, d’entraîner et de développer l’Aïkido, qu’ont réveillé en moi les maîtres Michele Quaranta et Masatomi Ikeda; le second est que c’est un magnifique moyen de remercier et d’aider ces derniers dans leur tâche qui consiste à promouvoir l’Aïkido; à se développer soi-même; à avancer sur la Voie.

J’ai choisi le nom « San Shin Kai Letter » pour rappeler que maître Ikeda nous a apporté les premières briques de l’aïkido, du Hojo et du Genki Kaï que nous pratiquons¹. Son Dojo à Zurich s’appelait « Aïkido Ikeda-Dojo Zürich, San Shin Kaï », ce qui signifie que les trois arts étaient pratiqués et enseignés au Dojo.

Les réactions reçues des différents pays lorsque j’ai émis l’idée du journal m’ont confirmé que le sentiment que j’ai au fond de moi depuis l’absence de maître Ikeda est partagé par beaucoup. Il a semé en nous un virus pour la pratique et une grande admiration pour cet homme qui a voué sa vie, toutes ses énergies et même jusqu’à sa santé pour l’Aïkido. Certains ouï-dire donnent l’impression que maître Ikeda devient une légende, un homme de plus en plus exceptionnel, mais pour sûr… Vous nous manquez Senseï.

Maître Ikeda, un homme… avec aussi des défauts. Par exemple, il tentait peut-être trop de satisfaire tout le monde. Mais au-delà de toutes les techniques et la connaissance qu’il a transmis, il a aussi apporté énormément sur le plan humain: il a enseigné un Aïkido où l’on protège le Uke. Celui-ci n’est pas une victime.

Il montrait par son comportement qu’il faut être patient avec les gens, leur laisser le temps de se développer, prendre ce qu’il y a de bon en eux et laisser le reste, tant que possible. Moi, j’avais toujours l’impression d’en apprendre sur la vie (l’Aïkido, les relations humaines, le Savoir pur, la sagesse, …) rien qu’en étant près de lui, comme si je me faisait irradier de connaissances, comme s’il semait en moi des graines qui germent encore aujourd’hui, comme si sa présence ouvrait mes récepteurs! Ainsi, maintenant encore, lorsque j’enseigne et entraîne l’Aïkido, je comprends soudainement quelque chose et revois le maître le montrer, je perçois un détail que j’avais toujours vu et senti mais jamais remarqué !

Pour résumer, je suis heureux d’écrire sous les yeux de toutes/tous que vous figurez parmi les meilleurs exemples de personnes rencontrées dans ma vie, cher et regretté Senseï.

Il y a d’autres personnes à qui l’on doit beaucoup, qui travaillent sans répit pour propager et développer notre Aïkido. Au vu des stages donnés partout en Europe, le premier est bien Michele Quaranta Senseï. A toi aussi, Michele, je veux t’adresser un grand merci dans ces premières pages du 1er numéro du San Shin Kai Letter.
Février 2004, EGR.

¹ Je réunis les trois arts (aïkido, hojo et genki kaï) sous le nom de Aïkido avec un grand ‘A’.

San Shin Kai Letter N°1, 02/2004 — Eric Graf (EGR)